- Accueil
- Pourquoi
Une ressource partagée appelle une convention partagée
La sous-bande P
Les réseaux maillés se retrouvent tous sur la même portion de la bande ISM : la sous-bande dite P, de 869,4 à 869,65 MHz. C'est la seule qui autorise 500 mW de puissance apparente rayonnée et 10 % de rapport cyclique ; ailleurs, les dispositifs non spécifiques plafonnent à 25 mW et de 0,1 à 1 %.
Elle fait 250 kHz. Découpée en portions de 62,5 kHz, la largeur employée par MeshCore, elle en compte quatre. Ce découpage est indicatif : aucune répartition n'a été arrêtée.
Deux protocoles maillés y émettent aujourd'hui en France. Meshtastic, avec le réglage recommandé par Gaulix, occupe 125 kHz centrés sur 869,4625 MHz. MeshCore occupe 62,5 kHz centrés sur 869,618 MHz. Entre les deux, 61,75 kHz ne portent aucun maillage, sans marge de part et d'autre. 155 kHz séparent les deux fréquences centrales.
Ces 61,75 kHz ne sont pas pour autant disponibles. La sous-bande P porte aussi la voie de descente des réseaux à infrastructure : LoRaWAN y place sa fenêtre RX2, 125 kHz centrés sur 869,525 MHz, et Sigfox y descend sur la même fréquence. Cette voie recouvre l'intégralité de l'intervalle sans maillage et la moitié haute du bloc Meshtastic. Ces réseaux sont venus là pour la même raison que les autres : c'est la seule portion à 500 mW et 10 %.
Chaque communauté a choisi ses réglages de son côté. Un troisième réseau n'a aujourd'hui aucun repère pour s'installer sans gêner les deux premiers : c'est ce que la convention doit fixer.
Le cadre réglementaire
La bande 863-870 MHz relève des dispositifs à courte portée, encadrés au niveau européen par la recommandation ERC 70-03 de la CEPT et par la norme ETSI EN 300 220. En France, la transposition relève de l'ANFR et de l'ARCEP.
La sous-bande la plus employée pour les réseaux maillés est la sous-bande dite P, de 869,4 à 869,65 MHz. Elle autorise 500 mW de puissance apparente rayonnée et 10 % de rapport cyclique. C'est la plus généreuse de la bande : les autres plafonnent à 25 mW et de 0,1 à 1 %.
Ce plafond de 10 % représente 360 secondes d'émission par heure, sur une fenêtre glissante. Il s'applique à chaque équipement, mais son effet est collectif : plusieurs équipements proches partagent le même canal physique.
Voir les références réglementaires, avec les textes et leurs dates.
Ce que cela représente en pratique
Avec les paramètres employés par les réseaux maillés français, soit 869,618 MHz en 62,5 kHz de bande, facteur d'étalement 8 et taux de codage 4/8, le temps qu'occupe un paquet se calcule exactement.
| Paquet | Temps à l'antenne |
|---|---|
| Accusé de réception | 247 ms |
| Annonce de répéteur | 443 ms |
| Message de 40 caractères | 706 ms |
| Message de 100 caractères | 1 197 ms |
| Message de 160 caractères | 1 689 ms |
Un échange complet, message et accusé, occupe donc environ 1 444 millisecondes. Rapporté aux 360 secondes disponibles, cela représente environ 250 échanges par heure et par répéteur, tous utilisateurs confondus.
Le coût réel d'un message
Dans un réseau maillé à inondation, chaque répéteur qui entend un paquet le retransmet une fois. Le coût d'un message ne dépend donc pas de la distance parcourue, mais du nombre de répéteurs qui se chevauchent sur son trajet.
| Répéteurs qui s'entendent | Transmissions par message |
|---|---|
| 1 | 2 |
| 5 | 6 |
| 10 | 11 |
Dans une zone dense, un message court occupe le canal onze fois. La densité d'équipements n'améliore donc pas la capacité au-delà d'un certain seuil : elle la réduit.
Le défaut de convention
Les protocoles déployés disposent de mécanismes de portée. Un message peut être marqué pour ne circuler que dans un département, une région, ou un pays. Un répéteur peut limiter le nombre de retransmissions et plafonner son temps d'émission.
Ces mécanismes sont peu employés. Trois raisons y concourent.
- Les configurations par défaut ne sont pas adaptées au territoire. Elles ont été définies pour des déploiements de quelques dizaines d'équipements, et n'ont pas suivi la croissance des réseaux nationaux.
- Les conséquences ne sont pas expliquées. Une recommandation sans justification n'est pas appliquée. Une conséquence chiffrée l'est.
- Aucun cadre n'existe pour construire une convention commune. Les recommandations circulent par canaux informels, sans coordination entre les technologies présentes sur la sous-bande.
Le périmètre
Le Centre traite de la sous-bande, non d'une technologie. La convention concerne tous les protocoles qui partagent ces 250 kHz : aujourd'hui MeshCore et Meshtastic, à côté de la voie de descente des réseaux à infrastructure, demain d'autres.
MeshCore a bientôt deux ans. Meshtastic en a six. Dans trois ans, il y aura autre chose. Un cadre attaché à un firmware disparaît avec lui ; un cadre attaché à la sous-bande survit aux protocoles qui s'y succèdent.
Voir les technologies de la bande, leurs sites et leurs dépôts.